Mon bébé pleure : est-ce normal ?

mon bébé pleure : est ce normal?

Les bébés « pleurent » !

Parfois beaucoup, laissant les parents désarmés, inquiets, voire en colère lorsque ce tout petit ne parvient pas à s’apaiser.
Vous avez tout essayé ! Vous lui avez parlé d’une voix douce et rassurante. Vous lui avez chanté des berceuses, voire mis en boucle votre meilleure playlist sur le bruit de la pluie qui tombe. Vous avez multiplié les promenades pour le bercer.
Bref, vous avez déployé des trésors d’imagination sans succès.
Retenez que les pleurs sont, dans la grande majorité des situations, normaux.
Les pleurs des bébés ; une fois satisfaits les besoins vitaux (nourriture, sommeil, propreté) ; sont souvent associés à la souffrance, à une douleur qu’il faudrait faire cesser par tous les moyens, ce qui renforce le désarroi de ne pas y arriver.

1. Les pleurs sont le reflet d’une trajectoire développementale normale.

Votre bébé pleure au début de son cycle de sommeil

Les pleurs sont une composante normale des états de veille.
Il est important de permettre à son bébé de pleurer à satiété en le prenant dans ses bras de façon sécurisante. C’est une manière pour lui de se libérer de ses tensions et de dormir plus paisiblement par la suite.
Parfois les bébés pleurent au début de leur cycle de sommeil (ils s’endorment en sommeil agité), il faut alors les laisser dormir et ne pas intervenir.

Votre bébé pleure pour attirer l’attention et solliciter les interactions

Il s’agit plutôt de cris (appel, comportement de signalisation, inconfort) que de pleurs (connotation de tristesse, souffrance, larmes).
La fonction des cris est d’attirer l’attention et de favoriser les soins et interactions.
Les cris ne sont pas réellement un langage qui sous-entend une action volontaire ; ils ne sont pas initiés par le cortex mais sont une réponse archaïque du cerveau primitif mammalien et reptilien qui signale une situation d’inconfort, de stress avec sécrétion d’hormones (cortisol, adrénaline) : le bébé a besoin d’aide.

Votre bébé ne fait pas de caprices

Il ne peut pas déclencher ses pleurs sur commande et cela n’a aucun sens d’y voir, de surcroît, un caprice car cela impliquerait qu’il puisse être capable à la fois d’une action planifiée, réfléchie et délibérée. Or, ces aptitudes s’installeront mais très progressivement et pas avant l’âge de 1 an.

2. Les pleurs traduisent son besoin de réconfort

Votre bébé est totalement dépendant de vous

La solitude des nourrissons qui caractérise nos cultures occidentales est peu adaptée à l’immaturité globale et aux attentes biologiquement déterminées des bébés. A la naissance le petit humain est totalement dépendant d’adultes qui prennent soin de lui et répondent à ses besoins, et il va le rester longtemps.

Votre bébé cherche la proximité physique

La principale réponse à ses cris est d’abord de le rassurer en rétablissant une proximité physique qui le plus souvent suffira à l’apaiser. Les cris du tout-petit servent de signal pour activer la dynamique d’attachement. Faute d’une autonomie motrice quasi immédiate pour se rapprocher de sa mère (comme pour tout autre mammifère), c’est le seul moyen pour le bébé de créer une proximité réconfortante,
La proximité avec le donneur de soin (caregiver) est source de réconfort, d’apaisement ; de sécrétion d’ocytocine (circuit de récompense), d’opioïdes endogènes et d’autres hormones qui participent à l’attachement.

Votre bébé prépare son indépendance

Cette réponse apportée crée en outre une expérience positive quant à la relation d’aide, très importante à ce stade de vulnérabilité et de dépendance. Et plus le tout-petit aura pu étancher sa soif de sécurité affective, plus il pourra vivre un détachement, son indépendance sans crainte de perdre sa sécurité interne.
Les cris diminuent significativement autour de l’âge de 3 à 4 mois
Cela coïncide avec d’importants changements développementaux et l’acquisition de nouveaux signaux de signalisation.

3. Faîtes vous confiance

L’état de parents de nos bébés humains suppose de nous préparer à traverser cette période d’extrême immaturité et de dépendance, et d’abandonner les connotations négatives liées aux pleurs. Un bébé qui pleure a juste besoin que d’être accompagné. Au fil des semaines vous connaîtrez des jours plus sereins et vous vous sentirez moins désemparés. Vous apprendrez à mieux vous connaître et, jour après jour, vous cernerez mieux les attentes et les besoins de votre bébé.

S’il vous semble que ses pleurs sont anormalement importants ou prolongés, si vous avez trop de difficultés à les gérer, si vous vous sentez dépassés ou trop fatigués, ne culpabilisez pas ; des professionnels sont là pour vous aider. En aucun cas vous ne devez secouer votre bébé ; mieux vaut le laisser dans son berceau et sortir un instant si vous n’en pouvez plus

Marie-Hélène Cavert, Pédiatre

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