Être parent aujourd’hui : un huis clos déroutant.

Guerre, crise, mort, menace, épidémie…ces mots résonnent dans nos vies et viennent nous confiner, dans un face à face avec nous même, que nous nous sommes souvent appliqués à éviter depuis si longtemps. Le danger est extérieur et se double d’une autre inconnue : une rencontre intime, ce huis clos imposé et déroutant.

Mais qu’allons-nous faire de tout ce temps, sans les réunions de famille et leurs embrassades, les temps conviviaux et leurs éclats de rire, les distractions et nos pensées qui s’envolent, le travail et son identité sociétale, l’argent et la place qu’il occupe dans nos existences… ? Que devenons nous, dans ce monde où tous nos repères sont interrogés ? Et nos enfants, comment faire avec eux ? Quels mots poser sur tant d’insécurité ? Quelles activités trouver pour les occuper, eux qui ne savent plus s’ennuyer, sollicités par tant de stimulations ? Les questions sont si nombreuses, nous envahissent et tentent de trouver un peu de rationalité au cœur de cette peur.

Nous le savons aujourd’hui, l’enfant pour se construire à besoin de sécurité émotionnelle. Ce socle sur lequel il va pouvoir s’appuyer pour explorer le monde et s’épanouir, mobilisant toutes ses richesses. Nous devenons alors sa base de sécurité, ce réconfort sur lequel il peut compter pour retrouver son équilibre intérieur, ce refuge dans lequel il peut se blottir en cas de menace. Quelles attitudes adoptées dans cette période où notre insécurité d’adulte est massive ?

Le sécuriser, le réconforter, l’aider à réguler ses émotions, dans son cerveau encore fragile et immature, qui ne peut prendre conscience de la crise que nous traversons, qu’à travers nos mots, nos gestes, notre regard de parent.

  • Inventer de nouveaux repères quotidiens pour rythmer ces journées, qui se ressemblent toutes.
  • Choisir les mots pour expliquer le virus qui prend d’assaut nos vies et nos émotions.
  • Canaliser les informations qui envahissent nos ondes afin de donner un sens à cette étape peupler de « sans ».
  • Organiser les espaces et guider l’enfant dans l’exploration de son environnement confiné.
  • Partager des moments, des instants, des bulles où la magie, la complicité, la présence viennent nourrir ce lien si précieux qui nous rend vivant et vibrant.

Les professionnels de l’Institut de la Parentalité, soucieux de poursuivre leur accompagnement auprès des familles, vont vous proposer au fil des jours de ce confinement, des articles sur tous ces enjeux d’une parentalité questionnée par le contexte de l’insécurité que nous traversons.

Nous avons tant de trésors à dévoiler ensemble au cœur de la crise, pour ne plus savoir quoi faire mais découvrir les êtres que nous sommes.

A très vite…

Dr Anne RAYNAUD, directrice, fondatrice, psychiatre de l’Institut de la Parentalité